Le digital learning, quel impact sur l’environnement ?

À l’heure où les enjeux du dérèglement climatique prennent une place croissante dans le débat public et que ses effets deviennent de plus en plus visibles, prendre en compte l’impact écologique de nos activités économiques est devenu incontournable.

Chez eSkills, nous avons récemment pris conscience que les activités numériques ne faisaient pas exception. Il y a quelques années, nous pensions peut-être que le développement de l’Internet aurait un effet vertueux sur l’environnement (moins de papier, moins de déplacements, etc.). Mais la réalité est en fait bien différente : si Internet était un pays, il serait aujourd’hui le 6ème consommateur d’énergie sur la planète.

Nous souhaitons partager avec vous quelques chiffres marquants et les initiatives qu’ils nous ont inspirées pour limiter l’empreinte écologique de nos activités. Ce ne sont que de petits pas (malheureusement, nous n’avons pas inventé l’ordinateur en carton recyclé !), mais ils vont dans la bonne direction. Nous espérons qu’ils vous inspireront et vous inciteront à votre tour à partager les vôtres.

L’empreinte carbone du numérique en quelques chiffres*

Le saviez-vous ? Près de 4 % des émissions de carbone dans le monde sont dues à la production et à l’utilisation du numérique. C’est supérieur aux émissions de l’aviation civile !

Et cela va en augmentant car notre utilisation du numérique explose, dans les foyers comme dans les entreprises. Si la progression se poursuit, l’impact du numérique sur la planète pourrait doubler d’ici à 2025, pour atteindre 8%, le niveau d’émission actuel des voitures et des deux-roues !

Vignette de l'article de blog - Comment réduire l’impact écologique des formations digitales ?

Qu’est-ce qui provoque une telle quantité d’émission de CO2 ?

Principale explication : la climatisation des centres de stockage de données, qui représente entre 30% et 50% de la facture. Eh oui, faire transiter et stocker les données que nous échangeons, les vidéos que nous visionnons, les photos que nous prenons, les réseaux sociaux que nous utilisons… cela demande de l’énergie, beaucoup d’énergie. Pour se faire une idée, la consommation énergétique globale des data centers est aujourd’hui à peu près équivalente à celle de l’Espagne. Ce n’est pas pour rien que les géants du Net se tournent de plus en plus vers le grand froid (Google s’est installé en Finlande, Facebook en Suède, tandis que Microsoft envisage carrément d’installer des data centers dans les fonds marins).

Mais il y a aussi la production du matériel, en particulier avec la multiplication des ordinateurs, tablettes et smartphones, le phénomène d’obsolescence programmée et la course effrénée au développement technologique qui ont aussi des conséquences.

Alors concrètement, qu’est-ce que cela représente dans notre utilisation au quotidien ?

Prenons deux exemples de pratiques très courantes : regarder une vidéo en ligne et envoyer des e-mails !

La vidéo

Avec 80 % des flux de données mondiaux, l’explosion de l’usage de la vidéo (Youtube, Netflix, Skype, Zoom, jeux en ligne, etc.) est l’un des principaux facteurs d’inflation. Lorsqu’on sait que 10h de streaming vidéo en HD excèdent en données le volume de l’intégralité des contenus textes de Wikipédia en anglais, ou que les émissions de CO2 émises par une heure de vidéo en streaming équivalent à la consommation électrique d’un frigidaire pendant 1 an… cela fait réfléchir sur le volume des données qui transitent à chaque instant, et l’impact engendré.

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L’e-mail

Aussi anodin que cela puisse paraître, le seul fait d’envoyer un message avec une pièce jointe de 1 Mo équivaut à la consommation d’une ampoule électrique de 60 watts pendant 20 minutes.

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Si vous envoyez 33 e-mails de cette taille avec 2 destinataires chacun, vous avez émis autant de CO2 que si vous aviez parcouru 1000 km en voiture. Cela interroge sur ce qui est indispensable et ce qui ne l’est pas (comme la dernière vidéo humoristique sur le COVID-19 partagée à tous nos groupes WhatsApp ! Si, si on l’a fait aussi ;-).

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Pour autant, on ne va pas revenir au télégramme, à la machine à écrire ou au papier carbone ! L’Internet joue un rôle essentiel à bien des niveaux. Alors comment fait-on pour profiter de tous les avantages qu’apporte le digital tout en faisant attention à son empreinte écologique ?

 *Chiffres publiés par The Shift Project dans leur rapport 2018 pour la sobriété numérique. 

The Shift Project

Vers une sobriété numérique

L’empreinte carbone du numérique n’est pas seulement le résultat des comportements individuels mais en grande partie le produit d’un système avec du design addictif qui est de plus en plus remis en question. Du scroll sans fin des plateformes sociales avec des vidéos en auto play à la proposition systématique d’un contenu équivalent après chaque contenu consommé sur les plateformes de type Netflix, tout a été conçu pour nous maintenir captif et faire consommer toujours plus de contenus numériques. Ces tendances en design méritent d’être franchement interrogées.

Une notion émerge, celle de sobriété numérique. Elle se base sur un principe d’utilité : on ne consomme pas du numérique parce que l’on peut, mais parce que cela nous est utile. En d’autres termes elle préconise de passer d’une utilisation instinctive du numérique à une utilisation réfléchie.

La notion de sobriété numérique implique une réflexion en profondeur car ce n’est pas uniquement l’utilisation du numérique qui a un impact sur l’environnement, c’est aussi la façon dont on le produit et la technologie qui le rend possible qui viennent peser dans la balance. Il nous appartient donc d’inventer les nouvelles utilisations du numérique pour qu’il soit bénéfique à nos activités, à l’atteinte de nos objectifs et à la protection de la planète. En cela, la sobriété numérique peut devenir une incroyable source d’innovation.

Réfléchir, c’est déjà se mettre en action : les petits pas chez eSkills

Et le digital learning dans tout ça ?

Le choix d’une formation digitale plutôt que d’une formation présentielle a, bien-sûr, un impact positif : moins de voyages, moins d’impressions papier, etc. Cela dit, nous nous sommes questionnés sur l’impact écologique d’une formation digitale : comment maximiser l’impact pédagogique tout en minimisant celui sur la planète ?

Nous ne possédons pas de chiffres sur l’empreinte carbone du secteur du digital learning. Réfléchissons dès lors sur les domaines dans lesquels nous pouvons appliquer la notion de sobriété numérique.

Prenons par exemple ce qui constitue un module de e-learning :

  • Du texte
  • Des images et des illustrations
  • Des vidéos et des animations
  • Des pistes son

Et les activités qui nous permettent de réaliser nos modules :

  • Les réunions
  • Les échanges d’emails
  • L’utilisation d’une messagerie instantanée
  • Le stockage des données
  • Les ordinateurs, les logiciels, le matériel vidéo et les outils de prise de son

En faisant des choix plus sobres et plus efficients nous cherchons à trouver le bon équilibre entre impact pédagogique et impact écologique. C’est notre responsabilité de réduire le poids de nos modules avant qu’ils ne soient hébergés sur le serveur de notre client. Nous sommes en première ligne !

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Voici donc à quoi ressemblent nos petits pas pour réduire notre impact :

  • Nous nous posons systématiquement la question de la pertinence de la modalité pédagogique la plus adaptée, c’est pourquoi nos formations ne contiennent des vidéos que là où elles sont utiles ;
  • Les images et vidéos peuvent être compressées sans en altérer la qualité alors nous les optimisons dès que c’est possible ;
  • Les vidéos sont tournées en HD quand le 4K n’est pas pertinent, notamment lorsqu’il s’agit d’une personne s’exprimant face à la caméra ;
  • Lorsque nous visionnons une vidéo sur YouTube, nous la paramétrons à 720p, c’est largement suffisant ;
  • Nous réduisons au maximum l’utilisation des pièces jointes dans les emails en utilisant des plateformes de partage de documents ;
  • Nous comprimons les images partagées sur les messageries instantanées ;
  • Nous trions les documents à la fin de chaque projet pour ne conserver que ce qui est indispensable à archiver ;
  • Nous allongeons au maximum la durée de vie de notre matériel ;
  • Nous privilégions l’achat de matériel reconditionné ;
  • Nous mutualisons notre matériel perso/pro et partageons notre matériel en coworking ;
  • Nous nous rendons à nos réunions en vélo ou en tram quand c’est possible ;
  • Nous partageons nos initiatives afin d’en inspirer d’autres.

Et vous, quels sont vos petits pas pour réduire l’impact du digital ?