Par Clément Rohner

Imaginez, vous avez pour mission de réaliser un dispositif d’apprentissage digital efficace.

Comment motiver vos apprenants ? Comment capter leur l’attention ? Comment booster la mémorisation ? Le neurolearning vous donne les clés pour comprendre les grands principes du fonctionnement de notre cerveau !

Définition : Le neurolearning (encore appelé neuroéducation ou neuropédagogie) a pour ambition de relier la science du cerveau apprenant au monde des professionnels de l’éducation.

Motiver l’apprenant : une affaire de dopamine

1) Une récompense stimule la motivation

C’est à la fin des années 50 que la dopamine est révélée dans le cerveau humain. Cette « molécule du plaisir » est diffusée dans le cerveau lors de l’obtention d’une récompense, procurant une sensation agréable.

Imaginez une récompense à obtenir intégrée à votre scénario d’apprentissage ! Ces récompenses peuvent être de plusieurs natures : badges, points, niveau à débloquer, certificats, accès à des ressources supplémentaires, etc.. Trouvez la meilleure façon de faire plaisir à vos apprenants… et donc de les motiver à revenir !

2) L’effet plaisir de la surprise

En 1997, les neuroscientifiques ont fait une découverte : à récompense égale, les surprises procurent plus de plaisir. Vos cadeaux de Noël vous font probablement moins plaisir que le week-end surprise organisé par votre conjoint(e). Il faut garder vos apprenants motivés et enjoués. Pensez à les surprendre avec des émotions positives.

3) C’est en se trompant qu’on apprend

L’adage est bien connu ! Les erreurs, si elles sont pointées rapidement du doigt, permettent de détecter les connaissances erronées et de corriger le tir au plus vite. N’hésitez jamais à faire ressortir clairement les erreurs commises. Avec diplomatie !

4) Le feedback, un puissant outil à double fonction

L’objectif du feedback est de réduire le décalage entre la compréhension de la tâche et le but à atteindre. Soit le feedback explique l’erreur et permet ainsi de la rectifier , soit il souligne un succès et consolide la mémorisation de l’apprentissage. Pensez à intégrer du feedback dans vos dispositifs de formation. La qualité de l’apprentissage sera accrue.

L’attention : notre filtre à information

5) Nous ne sommes pas multitâches

De manière générale, le cerveau se concentre sur une chose à la fois. Cependant, il scanne en permanence son environnement… et cela inconsciemment. Avez-vous déjà remarqué la facilité avec laquelle vous repérez quelqu’un qui prononce votre nom, et ce malgré le bruit qui vous entoure ?  Notre attention est sélective et influencée par nos sens. Captez l’attention de votre audience en associant un texte à un dessin. Ajouter un mouvement ou une animation. Variez les sons ou incitez les apprenants à imaginer, sentir ou goûter quelque chose !

6) L’attention est influencée par nos émotions

Si notre attention est sélective, elle est aussi largement influencée par nos émotions. Avez-vous déjà remarqué lors d’une conférence que le speaker commence souvent par un trait d’humour ? C’est parce que les émotions positives, non seulement, captent notre attention mais nous permettent également de mieux mémoriser. N’hésitez pas à utiliser le même procédé. Tout se joue dans les premières secondes. Trait d’humour ou anecdote, n’importe quel moyen peut être employé !

7) Le rythme de la formation est capital !

Il a été démontré que notre attention atteint un pic vers la 10ème minute. Rythmez votre dispositif en conséquence. Ne changez pas complètement de sujet mais introduisez un nouveau contenu toutes les 10 minutes. Projetez une image choc, racontez une anecdote, ou proposez un mini-quizz… tous les moyens sont bons !

8) Encouragez les pauses

Les pauses sont importantes pour l’apprentissage. Face à un problème, notre cerveau y réfléchit inconsciemment, même lors d’un moment de repos.  Archimède s’exclama « Eureka » alors qu’il entrait dans son bain (après avoir remarqué que le niveau d’eau montait, je vous l’accorde). Ces moments « Eureka » surviennent rarement pendant le temps de travail. Incitez donc vos apprenants à prendre des pauses de temps en temps.

La mémorisation : les points à ne pas oublier

9) Sans attention, pas de mémorisation

Ce premier point est élémentaire mais pourtant d’une importance capitale. Nous recevons tous une multitude d’informations grâce à nos sens. Notre attention joue le rôle de filtre hyper-sélectif de ce qui mérite d’être mémorisé. Pour que vos apprenants mémorisent ce qui est important, soyez certain de captez leur attention sur ce qui compte.

10) L’information a besoin d’être structurée

Pour une meilleure appropriation des connaissances, les informations doivent être structurées de manière la plus logique possible. Pensez bien à votre hiérarchisation ! De plus, pour une bonne compréhension, il est nécessaire de découper et restructurer l’information afin de se l’approprier. Dans la mesure du possible, incitez vos apprenants à réaliser un travail méta-réflexif sur leur apprentissage.

11) Le stress est l’ennemi de la mémoire…

Le stress produit du cortisol qui endommage les neurones de l’hippocampe, une région du cerveau responsable de la mémorisation. Vous avez certainement déjà entendu des élèves réviser la veille d’un examen pour tout oublier 2 jours plus tard. Le stress en est la cause. Pour une bonne mémorisation, établissez une stratégie pour induire le moins de stress possible à vos apprenants.

12) …l’exercice physique est son allié

À l’inverse du stress, l’activité physique est encouragée. Bouger son corps permet d’apporter un afflux de sang et d’oxygène au cerveau, favorisant la neuroplasticité. Incitez vos apprenants à bouger (et une simple promenade suffit) !

Avec ces 12 règles d’or comme alliées, votre mission de réaliser un dispositif d’apprentissage digital efficace sera couronné de succès !

 

Source : Nadia Medjad, Philippe Gil, Philippe Lacroix, NeuroLearning, Les neurosciences au service de la formation, 2016, éditions Eyrolles