Les organisations engagées dans la réduction de leur empreinte carbone sont souvent à la peine pour fédérer leurs équipes autour de cette transition. Elles butent sur un paradoxe : des collaborateurs sensibles aux enjeux de durabilité, mais désengagés face à des campagnes perçues comme moralisatrices ou déconnectées de leur quotidien. Comment transformer cette sensibilité passive en actions concrètes ? Ou amener à une prise de conscience face au scepticisme ou à une attitude de rejet ? La sensibilisation fonctionne pour les organisations qui font le choix d’un format court, concret, ancré dans le quotidien. Découvrez une approche pragmatique et testée pour déclencher l’adhésion de vos équipes sans les braquer, et les embarquer vers des pratiques plus responsables.
Table des matières
Comment faire évoluer les comportements des collaborateurs vers des pratiques plus responsables ?
Enjeux réglementaires et responsabilités autour de la durabilité
Pourquoi les campagnes de sensibilisation à la durabilité sont-elle un défi ?
Embarquer les équipes sans leçon de morale
Des formations courtes et percutantes pour déclencher l’adhésion
Comment faire évoluer les comportements des collaborateurs vers des pratiques plus responsables ?
Dans un environnement professionnel déjà saturé de priorités, la durabilité peut vite être perçue comme une contrainte de plus. Pourtant, les attentes des collaborateurs sont là. Selon l’enquête « Pulse of Switzerland » réalisée par Deloitte*, deux tiers des Suisses pensent que la responsabilité de rendre le pays plus durable incombe principalement aux entreprises.
Et de fait, de nombreuses organisations ont déjà des démarches RSE solides, confirmées par les labels B Corp, EcoVadis, Numérique Responsable ou encore THQSE. Le problème, c’est que ces démarches sont trop souvent méconnues des collaborateurs… Ce déficit de visibilité en interne vient alimenter un sentiment d’incohérence entre discours managérial et réalité perçue. D’autant que les équipes attendent des preuves tangibles des engagements de leur entreprise (indicateurs suivis dans le temps, traçabilité des actions, réduction mesurable de l’impact).
Le défi est de taille : transformer en engagement actif cette sensibilité réelle mais passive des salariés. Et sans tomber dans l’écueil d’un discours moralisateur ou culpabilisateur. Les chefs de projet Durabilité le savent : la conduite du changement est un art, et son succès dépend de la capacité à rendre la durabilité désirable et accessible.
Enjeux réglementaires et responsabilités autour de la durabilité
Si la Suisse n’impose pas (encore) de formation obligatoire en durabilité, le cadre légal se resserre. Depuis 2023, le Code des obligations (art. 964a à 964c) exige des entreprises de plus de 500 collaborateurs qu’elles publient un rapport sur les questions non financières, incluant leurs impacts environnementaux et sociaux.
En 2024, l’Ordonnance relative au rapport sur les questions climatiques* est venu renforcer ce dispositif : un reporting climatique spécifique est désormais requis pour les grandes entreprises. Enfin, la loi sur le climat et l’innovation, entrée en vigueur en 2025, fixe des objectifs de réduction des émissions pour des secteurs clés comme la construction, l’immobilier et les combustibles fossiles.
Pour les organisations, il ne suffit plus de communiquer en externe. Il est essentiel de mobiliser en interne pour atteindre ces objectifs. Sans adhésion des équipes, les rapports resteront des exercices de compliance sans impact réel.
Pourquoi les campagnes de sensibilisation à la durabilité sont-elle un défi ?
Cinq difficultés majeures reviennent systématiquement dans les études * expliquant l’écart entre connaissance, intentions et comportements réels :
- La surcharge cognitive : les collaborateurs sont déjà sollicités sur de multiples fronts. Une sensibilisation de plusieurs heures via une Fresque du Climat ou un présentation de bilan carbone n’est pas toujours bien accueillie si elle est perçue comme une obligation de plus.
- L’engagement des équipes est aussi mis à mal par les freins organisationnels : manque de temps, de moyens, de reconnaissance, de formation adaptée.
- Les entreprises peuvent être tentées de se concentrer sur des optimisations techniques (ex. : sobriété numérique) plutôt que sur un changement culturel (responsabilisation des salariés, formation, intégration dans les compétences).
- Le ton moralisateur : rien n’est plus contre-productif qu’un discours qui donne l’impression de pointer du doigt ou de culpabiliser. Les collaborateurs décrochent dès qu’ils sentent qu’on leur fait la leçon.
- L’absence de lien avec le quotidien professionnel : parler de mobilité durable ou de numérique responsable de manière abstraite ne suffit pas. Il est essentiel d’ancrer les enjeux dans des actions concrètes, réalistes, immédiates.
Embarquer les équipes sans leçon de morale
Pour lever ces blocages, une approche en 4 piliers a fait ses preuves auprès d’organisations aussi variées que l’EPFL, les HUG, le canton du Valais, des entreprises dans l’immobilier ou encore le Groupe Mutuel :
1. Une sensibilisation par petites touches, courtes et percutantes
La sensibilisation doit s’inscrire sans heurts dans le quotidien des équipes : évoquez la mobilité pendulaire, l’alimentation ou le numérique responsable en une quinzaine de minutes :
- l’approche s’intègre facilement dans un emploi du temps chargé.
- vous préservez l’attention du début à la fin
Des contenus complémentaires peuvent donnent envie d’aller plus loin, chacun à son rythme.
2. Un ton décalé et engageant
Pour éviter l’écueil du moralisme et avoir de l’impact, le ton fait toute la différence :
- concret : s’appuyer sur des exemples du quotidien professionnel (ex : comment réduire l’empreinte de ses activités numériques, optimiser ses déplacements).
- ludique : utiliser un peu d’humour (sans excès) pour désamorcer les résistances.
- inspirant : mettre en avant des experts reconnus qui partagent leur vision avec passion. Ou encore vos propres collaborateurs engagés et ambassadeurs, ou le/la chargé(e) de projet Durabilité ou RSE.
L’objectif est bien de provoquer un déclic, donner envie de changer, chacun à son rythme, en commençant par des petits pas à notre portée.
3. Un ancrage dans le quotidien
La sensibilisation doit répondre à une question simple : « Que puis-je faire, moi, dès maintenant ? ». Quelques exemples :
- Pour la mobilité active et durable : calculer l’impact carbone de ses trajets, questionner ses habitudes et tester de nouveaux modes de transport.
- Pour le numérique responsable : réduire l’impact de ses usages, prolonger la durée de vie des équipements et limiter le nombre d’appareils.
- Pour l’alimentation : comprendre l’impact de nos habitudes alimentaires, choisir un repas végétarien par semaine, et privilégier les circuits courts pour les repas d’entreprise ou les événements
A chaque organisation ou collaborateur sa réponse, selon ses contraintes du moment.
4. Une campagne globale pour amplifier l’impact
Une formation de sensiblisation seule, c’est déjà très bien. Mais pour stimuler encore plus l’engagement, une campagne de communication interne doit la soutenir, pour amplifier sa portée. De notre expérience, elle devrait idéalement inclure :
- Un kit de communication (affiches, templates de mails, bande-annonce).
- Des temps d’échange pour partager les retours et bonnes pratiques.
- Un suivi des actions pour montrer les progrès et maintenir la mobilisation (ex : tableau de bord de l’impact concret comme l’économie CO2 réalisée)
L’enjeu est de créer un mouvement collectif, où chacun se sent acteur de la transition vers une société plus durable.
Des formations courtes et percutantes pour déclencher l’adhésion
« Les Déclics Durabilité » : c’est le nom de ce format de sensiblisation en e-learning, conçu par eSkills, sous un angle pratique et engageant :
- Introduction aux enjeux de la durabilité, pour disposer d’une culture générale commune
- Sensibilisation au numérique responsable
- Sensibilisation à la mobilité durable
- Sensibilisation à une alimentation durable
Cette série « Déclics Durabilité » couvre déjà 4 thèmes majeurs, avec d’autres à venir : énergie, bien-être au travail, consommation, voyage, achats responsables…
Une structure homogène pour tous les sujets
Chaque formation suit le même schéma en 3 parties :
- Introduction : une accroche percutante pour capter l’attention et poser le contexte.
- Comprendre : des explications claires sur les enjeux, avec des exemples concrets.
- Pour conclure : une synthèse des actions clés qu’il est possible de mettre en place.
Pour les organisations qui souhaitent aller plus loin, une version personnalisable permet d’ajouter une partie « Agir », pour présenter leur stratégie, les actions clés et des témoignages concrets.
Prêt à déclencher les premiers « Déclics » dans votre organisation ?
FAQ Durabilité
Ces formations sont-elles adaptées aux PME comme aux grands groupes ou aux collectivités ?
Les formations sont conçues pour être accessibles à toutes les tailles d’entreprises, des PME aux grands comptes, ainsi qu’aux cantons, communes et institutions. Une version personnalisable permet d’adapter le contenu aux spécificités de chaque organisation.
Comment accéder aux modules de la formation ?
Deux solutions s’offrent à vous : eSkills Academy, idéal pour les organisations de 10 à 500 collaborateurs (pas besoin de LMS, pas d’installation, déploiement en 24h). Ou une intégration SCORM, idéale pour les organisations à partir de 500 collaborateurs
Peut-on intégrer ces formations dans un LMS (Learning Management System) existant ?
Oui. Les modules « Les Déclics Durabilité » sont compatibles avec les principaux LMS (Moodle, Cornerstone, 360Learning, etc.) via des formats standards (SCORM, xAPI).
Glossaire
B Corp
Label international certifiant que une entreprise respecte des standards élevés de performance sociale et environnementale, de transparence et de responsabilité.
Bilan carbone
Outil de comptabilisation des émissions de gaz à effet de serre (GES) générées par une activité, une organisation ou un produit.
Conduite du changement
Approche structurée pour accompagner les individus et les organisations dans l’adoption de nouvelles pratiques ou cultures.
Critères ESG
Critères Environnementaux, Sociaux et de Gouvernance utilisés pour évaluer la durabilité et l’éthique d’une entreprise ou d’un investissement.
Écomobilité
Ensemble des modes de déplacement respectueux de l’environnement (vélo, transports en commun, covoiturage, marche, etc.).
Fresque du Climat
Atelier collaboratif visant à comprendre les mécanismes du changement climatique à travers un jeu de cartes.
Fresque du Numérique
Variante de la Fresque du Climat dédiée à l’impact environnemental du numérique.
Label NR (Numérique Responsable)
Label français certifiant la démarche de responsabilité sociétale des organisations (RSO) dans le domaine du numérique.
Mobilité douce
Modes de transport non motorisés ou à faible impact environnemental (marche, vélo, trottinette, etc.).
Mobilité active
Modes de transport utilisant l’énergie humaine (marche, vélo) pour les déplacements.
Plan climat
Stratégie définie par une organisation (entreprise, collectivité) pour réduire ses émissions de GES et s’adapter au changement climatique.
RSE (Responsabilité Sociétale des Entreprises)
Démarche volontaire par laquelle une entreprise intègre des préoccupations sociales, environnementales et éthiques dans ses activités.
THQSE
Très Haute Qualité Sanitaire, Sociale et Environnementale : label suisse destiné aux institutions, certifiant leur engagement en faveur du développement durable.
Sources
- « Le pouls de la Suisse » : Le public suisse demande aux entreprises, à l’État et aux consommateurs de redoubler d’efforts pour améliorer la durabilité. https://www.deloitte.com/ch/fr/about/press-room/swiss-public-calls-on-companies-the-state-and-consumers-to-work-harder-to-improve-sustainability.html
- Santé et environnement : ce que les Français exigent désormais des entreprises : https://perspectives-communication.com/sante-et-environnement-ce-que-les-francais-exigent-desormais-des-entreprises (juin 2026)
- L’ordonnance relative au rapport sur les questions climatiques entrera en vigueur le 1er janvier 2024 : https://www.admin.ch/fr/nsb?id=91859
- Stratégie climatique à long terme 2050 : https://www.bafu.admin.ch/fr/strategie-climatique-2050